Revue du Stendhal Club – Numéro 2

To the Few,

Le second numéro de la revue du Stendhal Club créée par Charles Dantzig est parue ce 13 mars 2013. Ce dernier a pour intitulé : Revue du Stendhal Club N° 2, mars 2013 – Stendhal et ses amis

Résumé

Nous avions dit « une fois par an, éventuellement ». Notre sorte de succès nous conduit à faire mentir l’adverbe. Si ça continue, nous deviendrons réguliers ! Plutôt que d’écrire une nouvelle fois entre nous, comme si Stendhal nous appartenait, nous avons demandé à des amis de nous remplacer. Mais pour parler de quoi ? Eh bien, de l’amitié. Les douze membres du Stendhal Club remercient tous ceux
qui, dans ce numéro, ont soulagé leur paresse.

(Extrait de la présentation de Charles Dantzig, « La nationalité stendhalienne ».).

Sommaire

  • Partie 1
    • L’amitié cavalière
    • Stendhal, Cabanis et les idéologues
    • Stendhal et Abraham Constantin, une amitié de porcelaine
    • Stendhal et Rossini, le génie ne commence qu’avec l’allegro
    • Stendhal et les Vénitiens
    • Le bonheur des épaulettes
    • Napoléon, l’ami par contradiction
    • Chateaubriand, en passant
    • Stendhal et Byron
    • Stendhal et Mérimée
  • Partie 2
    • Après Waterloo
    • Moi la Sanseverina, toi Tarzan
  • Partie 3
    • Prosper Mérimée, H.B.
    • Deux études sur Stendhal :
      • Le style et l’art de Stendhal
      • Stendhal, Racine et Shakespeare
    • Stendhal, De l’amitié
Le numéro est actuellement disponible sur Amazon ainsi que sur Galignani.

Maxime Gorki, un révolutionnaire parlant d’un autre révolutionnaire !

Sur une table traîne depuis plusieurs mois un exemplaire du journal Gavroche… Le numéro 45, celui du jeudi 5 juillet 1945.

Ce dernier affiche fièrement en première page un article de Maxime Gorki intitulé : « Stendhal écrivain révolutionnaire ». Sous cet énorme titre se trouve une gravure de Stendhal tirée du célèbre portrait de Johan Olaf Sodermark.

Qui est Maxime Gorki ?

Gorki est un écrivain russe soviétique, né en mars 1868 à Nijni Novgorod et mort en juin 1936 à Moscou. Il est considéré comme un des fondateurs du réalisme socialiste en littérature et un homme engagé politiquement et intellectuellement aux côtés des révolutionnaires bolcheviques.

À travers cette éloge stendhalienne, nous pouvons ressentir l’amertume de Gorki envers la bourgeoisie, certainement due à son enfance difficile. La racine « bourge » apparaît seize fois dans ce texte ! Normal donc qu’il nomme Stendhal de « révolutionnaire » sachant que ce dernier n’hésitait pas à dénoncer les inégalités de sa caste que se soit à travers « Le Rouge et le Noir » ou encore dans la « Vie de Henri Brulard » (entre autres).

Gorki démontre aussi que la présence de Stendhal sur le front russe lors de la campagne de Russie de 1812 n’a pas entaché l’image de ce dernier au sein des cercles littéraires russes.

Il dénonce la critique, le venin que certaines personnes déversait sur le style de l’auteur ainsi que sur ce dernier.  Zweig disait :

Que Stendhal écrivait « sans se soucier du style, de la forme, du relief, comme s’il s’agissait d’une simple lettre à un ami ».

Étrange que ce style si « plat » ait mené Zweig à rédiger un essai sur Stendhal (ainsi que Casanova et Tolstoï) s’intitulant : « Trois poètes de leur vie ».

Téléchargement

J’ai pris le temps de retranscrire l’intégralité de l’article, il est disponible en téléchargement (au format PDF).

Wanted ! Le Rouge et Le Noir (tome 2), édition Calmann-Lévy

En cette rentrée 2012, je me risque à publier une petite annonce destinée aux lecteurs et bouquinistes amateurs parcourant les brocantes et les quais de Seine.

Dimanche 1er juillet 2012 dans une petite commune du Loiret (La Bussière) avait lieu une brocante d’une centaine d’exposants. Cette journée étant plutôt ensoleillée, je décide d’user mes semelles sur la rue de Briare, piétinant devant les étales des brocanteurs à flâner sans réelle idée de ce que je cherche. Quand soudainement…

…un petit étal se démarqua des autres en mettant en avant une multitude d’ouvrages plutôt vieillissants et abîmés, je m’arrête et fais défiler ces ouvrages de manière assez rapide en me disant que de toute façon je ne trouverai rien à mon goût, des cours de mathématiques, des pièces de théâtre, Zola, Voltaire défilent rapidement jusqu’au moment ou l’un d’eux m’interpelle, Le Rouge et le Noir.

N’ayant pas l’âme d’un grand négociateur, je demande sans trop de conviction au personnage bedonnant, le visage sanguin, adossé à son camion et donc propriétaire de cet objet convoité, le prix auquel il souhaite me céder ce dernier. Après m’avoir jeté un regard insinuant un jugement rapide sur l’argent qu’il pourrait me soutirer, il me dit d’une voix incertaine et plutôt sur un ton interrogatif qu’affirmatif… 20 euros.

So, deal !

Me voilà donc en possession du premier tome, je recherche sans grande conviction le second tome afin d’avoir le plaisir de relire ce roman génialissime dans une édition toute déchirée, illisible et fragile…

Informations sur l’édition en question (en ma possession) :

En supplément et afin d’éviter toute confusion, vous trouverez ci-joint une photo de la couverture du tome déjà acquis.

Le Rouge et le Noir - Edition Calmann et Lévy

Le Rouge et le Noir – Edition Calmann – Lévy

En espérant que certains d’entre vous puissent me fournir quelques informations sur la possible obtention de ce second tome.

Stendhal et la franc-maçonnerie

Cet article a pour but de mettre en avant un chapitre important de la vie de Stendhal assez peu connu à mon goût. Beaucoup d’entre vous connaissent certainement Benjamin Franklin, La Fayette, Alphonse de Lamartine ou même Voltaire, mais connaissez-vous le point commun qui les lie ? Ils ont tous été francs-maçons… saviez-vous que Stendhal l’était lui aussi ?

Il a été initié le 3 août 1806 à la loge Sainte-Caroline du Grand Orient au rite écossais ancien et accepté (voir l’Encyclopédie de la franc-maçonnerie chez Poche), il était alors âgé de vingt-trois ans.

Pourquoi Stendhal est-il devenu franc-maçon ? Peut-être a t’il été influencé par son cousin Pierre Daru lui aussi initié (même si nous savons que Stendhal n’était pas homme à se laisser influencer), ou alors peut-être a t’il voulu faire comme l’un de ses héros personnels, Napoléon Bonaparte qui aurait été franc-maçon durant sa jeunesse. Il est important de préciser que sous l’Empire, la franc-maçonnerie était omniprésente, plus de 1200 loges en 1814.

Pour ceux qui ont lu « Le Rouge et le Noir » ainsi que « La Chartreuse de Parme », cet âge de vingt-trois ans devrait vous mettre la puce à l’oreille ! En effet, nos héros Julien Sorel et Fabrice Del Dongo avaient tous deux le même âge, l’âge de Stendhal lors de son rite initiatique.

« La Chartreuse de Parme » serait une sorte d’hommage que Stendhal aurait rendu à la franc-maçonnerie. Ce roman est composé de vingt-huit chapitres dont les vingt-deux premiers ont une relation avec les vingt-deux arcanes du tarot marseillais qui était un emblème maçonnique déjà très présent dans la franc-maçonnerie des Lumières.

C’est aussi dans ce même roman qu’apparaît pour la première fois la célèbre citation « To the happy few » souvent interprétée comme une adresse aux lecteurs des années 1930 qui liront et comprendront son œuvre. Et si cette citation était destinée aux heureux et rares initiés de la franc-maçonnerie plutôt qu’à de futurs lecteurs inconnus ?

Victor Del Litto dira au sujet de Stendhal et de son statut de franc-maçon :

Quand Stendhal a été reçu franc-maçon en 1806, il ne semble pas avoir accordé une grande importance à la chose et il n’inspira guère confiance puisqu’il ne put passer des ordres mineurs aux grades supérieurs. En fait, il s’intéressa aux symboles francs-maçonniques qu’à Milan et qu’à travers le carbonarisme.

D’après les recherches de Dieter Diefenbach, Stendhal chercherait à placer la date de son initiation un peu partout dans son œuvre, comme par exemple lorsque Fabrice entre à la tour Farnèse un 3 août. Dieter pousse l’analyse à son maximum en indiquant que le pseudonyme « Stendhal » serait un cryptogramme de la date d’initiation d’Henri Beyle allant jusqu’à utiliser l’alphabet alla Monaca (inventé par Beyle) indiqué au chapitre XX pour démontrer ses dires.

Démonstration

123456789
ABCDEFGHI
JKLMNOPQR
STUVWXYZ

S + T + E + N + D + H + A + L = 1 + 2 + 5 + 5 + 4 + 8 + 1 + 3 = 29 = 2 + 9 = 11

On obtient comme résultat le nombre 11 soit l’addition des chiffres du jour et du mois de son initiation, le 3 août, ce qui donne : 3 + 8 = 11

Pierre Alain Bergher, auteur du livre « Les mystères de La Chartreuse de Parme ; Les arcanes de l’art » arrive par son analyse de l’œuvre stendhalienne et son étude des travaux de Dieter Diefenbach à mettre en place tout un « dossier » qui nous démontre que la franc-maçonnerie avait bien plus d’importance pour Stendhal que semblait le penser Victor Del Litto. L’ouvrage de Pierre Alain Bergher est passionnant, il nous montre la présence de certains symboles maçonniques à des endroits ou nous ne les attendions pas, des dates, des lieux, des situations qui révèlent comment s’est déroulé le rite initiatique de Stendhal, etc…

Pour les heureux possesseurs (que je ne suis pas) du numéro 25 du Stendhal Club paru en 1964, la présence de la franc-maçonnerie dans la littérature stendhalienne y est abordée.

Le secret de la postérité de Stendhal

Le 10 mars 2012 à 19h00 sur France Culture avait lieu l’émission « Secret professionnel » animée par Charles Dantzig. Cette dernière avait pour thème : Le secret de la postérité de Stendhal

Comment se fait-il qu’un écrivain sans beaucoup de succès, sans beaucoup de famille, sans beaucoup de soutiens, ait fini par prendre la place qui la prise dans la littérature française ? Nous parlerons avec Dominique Fernandez de son étrange postérité. Il y sera question du premier Stendhal Club, celui de 1900, de l’essai de Léon Blum, « Stendhal et le beylisme », et de la façon dont la gloire de Stendhal s’est épanouie à travers le temps.

Charles Dantzig

Vous trouverez ci-dessous le podcast de l’émission (28 minutes).

A écouter sans modération.