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Stendhal – Journal – 1801-1823

Quatrième de couverture

« Je pourrais faire un ouvrage qui ne plairait qu’à moi et qui serait reconnu beau en 2000 » (31 décembre 1804) : le voici, cet ouvrage, plus lent que les romans à s’installer dans l’amitié des lecteurs, que désarçonnent une liberté de ton, une désinvolture dans l’enchaînement des idées, un solipsisme des sensations peut-être uniques dans l’histoire de la littérature.

Il s’agit, pour Stendhal, de se saisir dans l’émotion actuelle, dans l’instant, sans recul, sans distance, sans recomposition et dans l’immédiateté absolue du fugace, du mouvant. Pari fou, si l’on songe que l’acte d’écrire suppose justement du recul par rapport à ce qu’on a vécu, de la distance, de refroidissement de l’émotion.

Dès qu’on fixe sur le papier un moment de sa vie, on en perd la fraîcheur, on en égare la sincérité, on le trahit. Le 4 mars 1818 Stendhal note : « Je crois que pour être grand dans quelque genre que ce soit il faut être soi-même. Les livres immortels ont été faits en pensant fort peu au style. »